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Élections professionnelles chez Korian : que souhaitent les salariés ?

On vous a déjà parlé de Korian il y a quelque temps du fait d'une grève chez eux.

On en reparle aujourd'hui en raison d'élections professionnelles à venir en 2016.

Très peu de salariés sont au courant, mais des négociations sont en cours depuis deux semaines pour préparer l'organisation d'élections à Korian dans toute la France et pour tous les établissements Korian (sauf la clinique SSR Korian les Grands Chênes). Ces élections fixeront pour 4 ans la représentation du personnel de plus de 20 000 salariés Korian.

En réalité, et de manière moins officielle, ces négociations ont déjà connu une année de réunions préparatoires entre direction desImages 6 relations sociales et 4 syndicats, à l'issue de quoi plusieurs accords ont été conclus sur ce qui devrait définir les moyens des représentants du personnel nationaux. Mais l'entreprise n'avait pas jugé nécessaire de nous inviter à ces réunions, ni de nous transmettre les résultats...

Aujourd'hui, les négociations sont balisées par des propositions de l'entreprise qui nous laissent perplexes et nous amènent à sonder l'ensemble des salariés que nous représentons et qui sont selon nous les grands oubliés de ce qui est en train de se décider.

Les salariés ne le savent souvent pas, mais la négociation du protocole préélectoral est le moment où se définit les moyens et d'une certaine manière les conditions dans lesquelles les salariés élus pourront les représenter.

La dernière proposition de l'entreprise est de faire élire 50 titulaires pour représenter plus de 20 000 salariés de 379 établissements répartis dans toute la France. Cela équivaut en moyenne à plus de 7 sites et plus de 400 salariés pour chaque représentant...

Nous posons la question : est-ce que ces moyens de représentation vous semblent réalistes et conformes à vos besoins pour vos conditions de travail et à l'ensemble de vos préoccupations professionnelles ?

C'est en tout cas très largement en-deça des moyens déjà existants sur l'ensemble de la France.

Comment comprendre alors que pendant un an de réunions préparatoires entre la direction sociale de l'entreprise et des représentants des syndicats CFDT, UNSA, CGT, et FO, les accords et les orientations retenues puissent être si faiblement ridicule pour la représentation des salariés ?

Certains accords signés (seulement par la CFDT et l'UNSA) sans notre présence et sans même nous en avoir avisé, peuvent donner une explication :

D'après ces accords, les 50 futurs élus aux CE et les syndicats représentatifs bénéficieraient de moyens et d'avantages très généreux qui affaiblissent considérablement au passage les moyens d'autres syndicats comme le nôtre souvent moins bienvenue auprès des directions.

Pour bien comprendre de quoi il en retourne et à titre d'exemple, si les accords déjà conclus s'appliquaient aujourd'hui, le syndicat SUD disposerait "royalement" pour toute la France d'un seul représentant avec 4h par mois pour les 5248 salariés des 80 établissements sanitaires, et de 2 représentants disposant de 4h chacun par mois pour les 15 514 salariés des 292 EHPAD...

La logique du droit du travail classique prévoit pourtant généralement la possibilité d'un représentant par établissement doté d'une section syndicale.

Au contraire de nous, et dans la même configuration, les syndicats représentatifs disposeraient eux de 10 représentants pour les EHPAD et de 5 pour le sanitaire avec 35h au moins pour chacun et même 60h pour 3 d'entre eux. Un même accord qui permet des moyens augmentés pour les uns, et des moyens diminués pour d'autres... Bref, n'y aurait-il pas un certain favoritisme grossier entre tel ou tel type de syndicat...?

Loin de favoriser les intérêts des salariés, il semble au contraire que l'affaiblissement des moyens qui se profile ne rencontre pas ou peu de résistance à cause des gros cadeaux offerts à certains représentants qui devraient normalement négocier pour le mieux les intérêts collectifs de tous les salariés.


 

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